PROJET ÉDUCATIF PASTORAL SALÉSIEN

Don Bosco et sa Vision de l’Homme

Don Bosco n’a pas rédigé de traité systématique présentant sa vision de l’homme. Quelques écrits, cependant, mais plus encore, sa pratique concrète nous permettent de dégager quelques traits significatifs. Pour lui, la personne humaine constitue un tout dont il s’agit de prendre en compte les différentes dimensions.


L’unité de la personne humaine

En veillant au bien être moral, spirituel mais aussi physique des jeunes accueillis, on peut penser que Don Bosco avait un sens certain de l’unité de la personne humaine. S’il est, à ce niveau, possible et souhaitable d’établir des distinctions, il n’est pas indiqué d’en arriver à des oppositions. Chaque personne constitue un tout indissociable si bien que chacune de ses dimensions exerce son influence sur l’ensemble.


Le corps

Don Bosco est marqué par les idées critiques de son temps par rapport au corps humain. Cependant, il pratique une pédagogie qui donne toute son importance à la pratique du sport, des jeux collectifs, du théâtre, de la musique, du travail manuel, de la fête…


La raison, l’intelligence

Penser juste et bien agir, voilà l’idéal propre à chacun. L’apport de la raison, de l’intelligence est déterminant pour y parvenir. Par-là, chacun est conduit à réfléchir, à argumenter, à dialoguer, à se déterminer par lui-même, à être l’acteur principal du processus éducatif.


Le cœur, l’affection

Don Bosco, en pointe, par rapport aux conceptions courantes à son époque, donne toute sa place au « cœur » à l’affection. Il utilise un terme « amorevolezza » qui peut se comprendre comme amour bienveillant, cordialité, affection. L’affection suppose bonté et douceur. Loin d’une vague sentimentalisme, elle correspond à la volonté d’acceptation de l’autre, d’ouverture décidée à son égard, d’accueil respectueux et fraternel.


Le sens religieux

Toute l’activité de Don Bosco s’enracine dans sa foi chrétienne, ce qui le conduit à :

  • Reconnaître en tout être humain une personne voulue par Dieu, créée à son image, revêtue d’une dignité incomparable.

  • Témoigner une attention particulière à qui rencontre davantage de difficultés, comme le fit Jésus lui-même,

  • Souhaiter pour chaque jeune un accompagnement personnalisé sur le plan spirituel, religieux pour chaque jeune.


Humaniser et évangéliser

Don Bosco voulait que les jeunes deviennent de « bons chrétiens, d’honnêtes citoyens ». Les chemins de l’humanisation et ceux de l’évangélisation ne sont pas étrangers les uns aux autres. Ils finissent par converger s’ils sont parcourus en toute authenticité. Tout le vécu de Don Bosco témoigne de cette conviction.





Le Projet Éducatif Pastoral Salésien aujourd’hui

Continuer aujourd’hui à se référer à Don Bosco, c’est consentir à regarder les jeunes à sa manière et pratique ensemble, avec tous les partenaires de la communauté éducative, une démarche s’inspirant de son intuition.


Un regard salésien sur les jeunes

En regard de confiance

Eduquer à la suite de Don Bosco, c’est d’abord « croire » en ce jeune que nous rencontrons. « je crois en toi, j’ai confiance en tes possibilités, je me méfie de toi… »

Aussi l’éducateur salésien saura-t-il constamment souligner les réussites du jeune et, en cas d’échec, stimuler ses capacités à le dépasser. Faire confiance aux jeunes c’est aller à la découverte de leurs richesses en refusant les idées toutes faites à leur sujet.


Un regard d’espérance

« Le salésien ne gémit jamais sur son temps » aimait à dire Don Bosco. On ne peut aider les jeunes à bâtir des projets, si on ne leur présente que les côtés négatifs des choses. Pour progresser, le jeune a besoin de mémoriser des réussites.

Espérer avec le jeune, c’est s’associer avec lui pour qu’aujourd’hui soit mieux qu’hier et demain mieux qu’aujourd’hui.


Un regard d’affection

Eduquer à la suite de Don Bosco, c’est « aimer » les jeunes, c’est-à-dire, tout à la fois, les accueillir comme ils sont et désirer que leur personnalité grandisse par un incessant dépassement d’eux-mêmes, dans un profond respect de chacun d’entre eux. Une affection authentique n’enferme pas le jeune dans les souhaits et les projets de l’adulte, mais rend chacun plus autonome et responsable.



Notre démarche éducative, pédagogique, pastorale

Dans le prolongement de la démarche de Don Bosco, la nôtre prendra elle aussi appui sur trois piliers : la raison, le sens religieux, l’affection.


La raison

Il s’agit pour tous, jeunes et adultes, d’agir avec intelligence, de pratique un sain réalisme, de développer le bon sens, de négocier, de prendre des risques réfléchis, sans exclure une pointe d’humour, surtout aux moments où s’installe de la tension dans les relations.


La religion

La proposition des valeurs évangéliques peut contribuer réellement à une vie sociale équilibrée. Ainsi il nous est possible et même indiqué de ne pas négliger ce qui peut constituer un élément de référence et de motivation dans le monde d’aujourd’hui en tenant compte du contexte interculturel, interreligieux.


L’affection

« Sans affection pas de confiance : sans confiance pas d’éducation » disait Don Bosco. L’éducateur manifeste au jeune une affection ajustée car il sait combien les jeunes qui ne reçoivent aucun signe en ce sens se sentent dévalorisés.





La communauté éducative salésienne

Toute œuvre salésienne est appelée à être « la maison qui accueille, la paroisse qui évangélise, l’école qui prépare à la vie et la cour de récréation pour se rencontrer en amis dans la joie (Règle de vie des Salésiens, n°40).

Personne ne peut se suffire à réaliser cette tâche complexe et délicate : c’est pourquoi elle est confiée à une communauté éducative.

Vivre et travailler dans une maison salésienne, c’est s’inscrire dans une œuvre où chacun a sa place : le jeune, sa famille, la communauté religieuse, le prêtre, l’animateur en pastorale, les enseignants, les éducateurs, le personnel administratif et de service.

La communauté éducative est invitée à prendre conscience que la qualité des relations fait exister « la maison salésienne ». C’est l’ »esprit de famille » qui est un des signes de sa réussite.

Pour des chrétiens un tel climat est à mettre en relation avec la communion appelée à être vécue en Église.



François de Sales, l’apôtre de la douceur

Humilité, douceur et joie caractérisent l’esprit de Sant François de Sales qui a été choisi par Don Bosco comme « saint patron ». D’où l’emploi de l’adjectif « salésiennes » pour qualité son œuvre, sa pédagogie et sa spiritualité.

Figure marquant de son époque, Saint François de Sales (1567-1622) sait allier de façon originale « la mission de louange et la mission de service », deux aspects incontournables de toute vie chrétienne.

Par ses traités spirituels renommés comme, par exemple : « l’introduction à la Vie dévote » et « le Traité de l’Amour de Dieu », il veut ouvrir la voie de la sainteté à tous ses lecteurs.

Evêque de Genève, résidant à Annecy, il incarne, de façon exemplaire, au cours d’une existence le plus souvent harassante, les plus hautes vertus évangéliques au point d’être appelé le « Docteur de l’Amour ».